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Femme travaillant sur un site Offshore

Interview

Déterminez les risques sanitaires et sécuritaires à anticiper pour cette année 2022

Interview de Laure Girodet - directrice Santé Sécurité et Référent Gestion de Crise du groupe Suez de Juillet 2019 à Janvier 2022.

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Interview de Laure Girodet - directrice Santé Sécurité et Référent Gestion de Crise du groupe Suez de Juillet 2019 à Janvier 2022. 

Entretien réalisé début janvier 2022. Depuis une OPA a eu lieu sur le Groupe Suez tel qu’il est décrit dans le document, aboutissant notamment à la création d’un “nouveau Suez” le 31 janvier 2022, avec une organisation et un périmètre géographique différent.


 

Le Groupe Suez fournit des services essentiels aux collectivités et aux industriels afin de leur assurer la continuité de services : la production et la distribution de l’eau potable, le traitement des eaux usées, la collecte et le traitement des déchets. 

 

QUELS SONT LES PRINCIPAUX DÉFIS EN TERMES DE SANTÉ QUE VOUS ANTICIPEZ POUR 2022 POUR LE GROUPE SUEZ ?

« Le sujet de la santé mentale est un point de vigilance, comme votre observatoire le mentionne. Lors du premier REX (Retour d’EXpérience) de crise à l’été 2020, nous avons notamment décidé de renforcer nos actions relatives à la santé mentale pour mieux gérer l’incertitude et la fatigue liées à une crise qui dure.  Nous avons une approche préventive importante. Avant la Covid-19, ces sujets de santé mentale et de burnout étaient des sujets encore parfois tabous dans beaucoup d’entreprises, qui maintenant en parlent plus ouvertement au regard des besoins des équipes. Nous allons bien sûr aussi poursuivre nos actions sur les risques métiers, les Troubles Musculo-squelettiques, les risques chimiques ou biologiques par exemple. »

 

QU’AVEZ-VOUS MIS EN PLACE POUR PROTÉGER LA SANTÉ MENTALE DE VOS SALARIÉS ?


« D’abord, nous avons un dispositif d’écoute dans chaque pays avec une hotline psychologique accessible, en toute confidentialité pour les collaborateurs. En France, nous avons complété celle-ci par une hotline de coaching pour les managers, pour les conseiller lors de gestion de situations difficiles, préventives ou curatives d’ailleurs. 
Nous avons renforcé l’information des collaborateurs avec des webinars sur le stress et la gestion des émotions et proposé un questionnaire d’évaluation de résilience personnelle aux collaborateurs pour qu’ils puissent se situer et voir leurs axes de progrès. Ces outils ont eu de forts taux de participation.
Nous avons enfin développé, un programme de formation ambitieux «Prendre soin de soi, prendre soin de ses équipes » pour aider les managers dans la gestion des émotions, la détection des signaux faibles, et plus largement des Risques Psychosociaux. Près de 800 managers du groupe l’ont suivi en 2021, la suite du  déploiement étant programmée sur 2022.
Enfin, je pense que le déploiement de la flexibilité au travail avec des accords de télétravail à hauteur de 2 jours par semaine pour les postes éligibles et sur base du volontariat est aussi un facteur de bien-être. Sur le siège, une nouvelle organisation du travail, le Flex Office, s’est déployée. »

 
 

ET QUELS SONT VOS POINTS DE VIGILANCE EN TERMES SÉCURITAIRES PLUS LARGEMENT ?


« Au regard de nos métiers, nous sommes très sensibilisés aux enjeux sécuritaires car nous intervenons dans des pays à risque et au risque climatique. Cela nous incite à avoir des dispositifs de prévention et de gestion de crise.
Par exemple, lors des événements très pluvieux, nous apportons des solutions avec des outils prévisionnels et de gestion des inondations, des schémas directeurs et la création d’infrastructures de rétention. Aux Etats-Unis, nous sommes vigilants face au risque de cyclones, je vous rappelle que cet été dans le sud des Etats Unis il y en avait 1 par semaine. Nous notons  aussi l’impact de l’augmentation des températures sur nos équipes. Par exemple, en Hongrie, nous avons modifié les règles de pause en période de forte chaleur à l’instar de l’Espagne ou du Moyen-Orient.
Nous avons aussi nos risques inhérents en termes de santé & sécurité, qui sont adressés.Il y a un autre risque en croissance, celui de la cybersécurité. Dans les études, les cyberattaques ont quadruplé en 2020 et ont encore augmenté de 60% en 2021. Les entreprises doivent renforcer leur préparation, tant au niveau des équipes IT que des équipes métiers opérationnelles. Nous avons ainsi renforcé la sensibilisation des collaborateurs, notre dispositif de protection, et multiplié les exercices de crise cyber pour s'entraîner aux modes dégradés préparés. »

 

ON A BEAUCOUP PARLÉ DE L’IMPORTANCE DE L’ACCÈS À UNE INFORMATION FIABLE. COMMENT GÉREZ-VOUS L’INFODÉMIE ?


« C’est un enjeu auquel nous veillons. Durant l’enquête sur la gestion de crise Covid, nos salariés ont exprimé leur satisfaction sur la transparence et la qualité d’information. Ils accordent plus confiance dans l'entreprise que dans de nombreux gouvernements. C’est ce que permet une entreprise globale ayant une vision d’ensemble et un temps d’anticipation. 
Nous avons déployé une bonne pratique avec International SOS : l’accès à l’information sur les variants, la vaccination, le covid long. Nous avons organisé 3 webinaires dédiés à ces sujets, en avril & septembre 2021 puis janvier 2022 à l’ensemble des collaborateurs pour leur fournir une information avec des experts médecins et répondre à leurs questions. Le premier a été un des plus regardé des collaborateurs y compris en replay avec 25 000 vues … C’était utile. »

 

IDENTIFIEZ-VOUS DES CHANGEMENTS POUR LES DÉPARTEMENTS HSE ET RH DEPUIS LA COVID-19 ?


« La crise a mis au premier plan les fonctions Santé Sécurité et Ressources Humaines dans les réflexions stratégiques et les déploiements d’actions. Elle a également renforcé les liens avec les directions générales et les partenaires sociaux.
Au cœur de l’action, les filières Santé Sécurité ont réalisé les analyses de risque des activités, adapté les modes de travail, renforcé les équipements de protection individuels etc… Bien que le groupe SUEZ soit très décentralisé, le réseau – près de 900 personnes dans le monde – a véritablement travaillé en étroite collaboration pour partager plus de bonnes pratiques et les dupliquer.
Le volet santé a été renforcé. Historiquement 90% de notre plan d’action était focalisé sur la sécurité et 10% sur la santé. Le curseur est maintenant de 60/40 environ. Travailler sur les RPS et la santé mentale est un chantier structurant en cours co-piloté entre RH et HS. 
Enfin, nous avons renforcé la gouvernance de préparation à la gestion de crise en créant dans chaque entité des Crisis Process Owners, des référents gestion de crise, pour professionnaliser la préparation à tout type de crise »

 

PENSEZ-VOUS QU’UN PROGRAMME DE GESTION DES RISQUES REPRÉSENTE UN AVANTAGE CONCURRENTIEL ?


« Dans des métiers à risques comme les nôtres, un programme de gestion des risques est un avantage vis-à-vis de nos clients exigeants qui cherchent les prestataires les plus performants en santé / sécurité ou en maîtrise des risques industriels… mais aussi en termes d’attractivité du personnel. Suez a des taux de fréquence d’accident bas au regard de ses concurrents d’après nos benchmarks. La rigueur des mesures Covid-19 a été clé pour maintenir une bonne continuité de service. 
Nous avons une politique globale d’accès aux soins, négociée pays par pays, mais avec des directives du groupe. C’est un facteur de différenciation quand un groupe s’installe dans un nouveau pays. Pour accompagner les voyageurs et expatriés, nous travaillons avec International SOS qui permet de gérer tout type de situation et notamment les rapatriements d’urgence. Cela confirme que  nous sommes capables de gérer les situations de crise pour les expatriés. C’était un point primordial, nous leur avions en effet demandé de rester dans leur pays d’affectation malgré la COVID-19 pour soutenir leurs équipes et accompagner au mieux les clients. »