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Ville au Soudan

Retour d’expérience sur la gestion de crise soudanaise

Le 15 avril dernier éclataient au Soudan des affrontements armés entre deux factions politiques, opposant le général Abdel Fattah al-Burhan, de facto à la tête du pays, au général Mohamed Hamdane Daglo, commandant du puissant groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide (FSR), composé d’ex-miliciens de la guerre du Darfour. International SOS a géré plus de 150 cas de sécurité, de logistique et de soins médicaux entre le 13 avril et le 5 mai. Découvrez notre accompagnement.

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Le 15 avril dernier éclataient au Soudan des affrontements armés entre deux factions politiques, opposant le général Abdel Fattah al-Burhan, de facto à la tête du pays, au général Mohamed Hamdane Daglo, commandant du puissant groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide (FSR), composé d’ex-miliciens de la guerre du Darfour. Les combats se sont propagés à travers tout le pays et ont à ce jour provoqué la mort de près de 2000 civils. 

En conséquence de ces événements sécuritaires graves et impactant directement nos clients sur le terrain, International SOS a ouvert une cellule de crise au sein du centre d’assistance de Dubaï. Là, notre personnel opérationnel, médical et sécurité dédié 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, a travaillé sur la réponse à la crise en évaluant constamment les options, en organisant et en coordonnant les évacuations, en mettant en place des ressources supplémentaires sur le terrain et au point de sortie du territoire (Port-Soudan) -y compris des solutions d'hébergement, de transport routier et maritime-, en itérant des plans d'action et en informant régulièrement les clients.

 

UNE RÉPONSE GLOBALE

Les étapes clés de la crise au Soudan 

Dans un premier temps, les combats en zones urbaines, y compris dans la capitale Khartoum, se sont avérés trop intenses pour envisager un déplacement des personnes voulant quitter le pays. Par ailleurs, l’espace aérien a été fermé à la suite du déclenchement des combats armés, supprimant la possibilité d’un départ du pays par voies aériennes commerciales. Plusieurs gouvernements ont pu affréter des vols pour rapatrier leurs ressortissants. Cependant, beaucoup d’organisations, du fait de la diversité des nationalités en leur sein, comptaient sur nous pour l’évacuation et la mise en sécurité de leur personnel et de leur famille. 

Notre priorité, lorsque cela est devenu possible, a été d'évacuer vers Port-Soudan par la route les clients les plus exposés de Khartoum, où les combats étaient les plus virulents, le cessez-le-feu ayant été respecté en dehors de la capitale. En collaboration avec nos partenaires en matière de logistique et de sécurité sur le terrain, nous avons coordonné deux mouvements distincts de convois de bus, transportant environ 70 passagers appartenant à différentes organisations, de Khartoum à Port-Soudan. Cela représente une distance de 900 km et une durée de voyage d’environ 15 heures, dans des conditions de confort très rudimentaires. Cette mission a nécessité un niveau de détail extrêmement pointu, la plus grande difficulté ayant été le regroupement à un point déterminé dans Khartoum. L’itinéraire routier a été découpé en plusieurs zones de risques, prenant en compte les checkpoints et la possibilité que des combats aient lieu. Nous nous sommes appuyés sur une matrice des risques qui nous a permis de donner aux convois le « go » ou a contrario le « no go » en fonction de l’évolution de la situation sécuritaire sur le terrain, grâce à nos partenaires sur place. Hormis un problème technique sur un véhicule qui a nécessité de se rabattre sur un autre véhicule du convoi, les deux évacuations se sont globalement bien déroulées, dans un climat très tendu. 

Nous avons pu héberger les personnes évacuées dans des hôtels réservés en amont à Port Soudan. L'hébergement était cependant extrêmement limité en raison de l'afflux de personnes évacuées. L’opération extractive s’est finalement achevée après une très longue traversée maritime, via des ferries à destination de Djeddah, en Arabie saoudite. 
En complément des deux missions d’évacuation par voie terrestre, nous avons également apporté notre soutien aux clients sur place de la façon suivante : 

  •  Fourniture de provisions et de médicaments aux personnes en position de confinement à domicile, alors que les ressources se raréfiaient. 
  • Aide à la relocalisation au sein de Khartoum et du pays plus largement. 
  • Aide au transport et soutien pendant les temps d'attente extrêmement longs des ferries publics.
  • Facilitation de l'évacuation maritime de Port-Soudan vers l'Égypte par des moyens privés.
  • Engagement d'un médecin pour aider les personnes évacuées ayant des besoins médicaux.
  • Déploiement d'une équipe d'International SOS à Djeddah en Arabie saoudite pour aider les passagers à l'arrivée à organiser leur hébergement et leur transport.
  • Appel aux capacités de nos partenaires pour aider les clients à franchir la frontière terrestre égyptienne ou à arriver par bateau à Safaga, en Égypte.
 

NOTRE ASSISTANCE EN CHIFFRES

International SOS a géré plus de 150 cas de sécurité, de logistique et de soins médicaux entre le 13 avril et le 5 mai. Notamment, deux convois d’évacuation sécurisés de Khartoum à Port-Soudan ont été organisés, permettant l’évacuation avec succès de plus de 70 adultes et enfants. La moitié des personnes déplacées étaient soudanaises et faisaient partie des populations non couvertes par nos services.

Aujourd’hui, International SOS continue de recommander de quitter le pays si les options d’évacuation sont confirmées et d’y différer toute mission. Aux personnels présents dans le pays, il reste recommandé de maintenir une posture de confinement. Les combats entre les forces armées soudanaises (SAF) et les Forces paramilitaires de soutien rapide se poursuivent dans tout le pays, y compris dans l'état de Khartoum. Cela fait suite à l'expiration d'un cessez-le-feu le 3 juin. Aucune des deux parties n'a cherché à renouveler la trêve, malgré les pressions diplomatiques continues des États-Unis et de l'Arabie saoudite.