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Coupe du Monde 2026 : une édition record sous haute surveillance
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48 équipes, 104 matchs, 16 villes hôtes, 39 jours de compétition, 6,1 millions de personnes attendues1 : la Coupe du Monde 2026 s'apprête à entrer dans l'histoire comme l'édition la plus ambitieuse jamais organisée. Mais l'ampleur inédite de l'événement attendu par plusieurs millions de spectateurs dans un contexte géopolitique tendu, impose une lecture croisée des risques.
Compte tenu du contexte, une inquiétude prégnante règne quant aux risques sécuritaires pesant sur son déroulement, d’autant plus que la situation sécuritaire varie d’un pays hôte à l’autre.
Bien que les États-Unis et le Canada soient considérés comme des pays à risque faible (2/5 sur l’échelle des risques d’International SOS), l’environnement sécuritaire est pour autant beaucoup plus nuancé que ce que pourrait laisser entendre cette catégorisation. Quant au Mexique, il est lui considéré comme pays à risque modéré (3/5) avec de fortes disparités selon les zones.
Pour autant, avec l'ampleur attendue de l'événement, les collaborateurs pourront être confrontés à de nombreux risques : troubles sociopolitiques, activisme, terrorisme, criminalité (opportuniste et organisée), accidents, maladies, difficultés à trouver et à accéder aux soins médicaux, barrières linguistiques, différences culturelles et catastrophes naturelles.
Cette analyse porte sur les cinq grandes familles de risques qui affecteront l'ensemble du tournoi, des rives du Pacifique aux métropoles mexicaines.
Aux États-Unis, la petite délinquance et la criminalité opportuniste représentent la menace la plus courante pour les voyageurs. L'indice de criminalité reste modéré, même si des pics sont observés dans certaines villes hôtes comme Los Angeles, Seattle ou New York, principalement sous forme de vols de véhicules et de crimes liés aux stupéfiants. Les matchs disputés dans ces villes font peser un risque d'exposition plus élevé.
Au Mexique, dans les trois villes hôtes (Mexico, Guadalajara et Monterrey) les risques incluent homicides liés au narcotrafic, enlèvements et vols violents, avec une concentration notable aux abords de sites comme l'Estadio Azteca. Les enlèvements express et les « kidnappings virtuels », dans lesquels une victime est menacée par téléphone et extorquée sur la base d'informations personnelles, constituent des menaces réelles, y compris pour les ressortissants étrangers.2
Au Canada, les risques demeurent faibles. À Toronto et Vancouver, les principales préoccupations concernent les vols et la sécurité nocturne, des phénomènes susceptibles de s'amplifier avec l'afflux touristique.
Les rassemblements de foule aux abords des stades, dans les fan zones et les nœuds de transport, constituent des cibles privilégiées. Il conviendra de limiter son exposition dans ces espaces à forte densité.
La violence entre supporters rivaux est un risque inhérent à tout grand tournoi international. Les matchs de qualification pour le Mondial 2022 au Qatar avaient déjà été marqués par des affrontements entre fans et forces de l'ordre.
La Coupe du Monde représente également une caisse de résonance idéale pour les mouvements contestataires. Plusieurs sujets sont susceptibles de mobiliser : le conflit entre Israël et le Hezbollah, l'intervention militaire au Venezuela, le mouvement « No Kings », les opérations de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), la situation écologique, ou encore les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. Des signaux de contestation et des appels au boycott de l'édition 2026 circulent déjà, notamment autour des droits humains et de la politique migratoire américaine.
Enfin, le risque d'attaque par un individu isolé ne peut être écarté. Les événements très médiatisés ont historiquement constitué des cibles.
Les aléas naturels s'ajoutent également au tableau. Aux États-Unis, les températures attendues en juin-juillet pourraient dépasser un ressenti de 38°C dans le sud, sous l'effet combiné de la chaleur et de l'humidité. Quatorze des seize sites de la Coupe du Monde dépassent les 32°C, seuil au-delà duquel la FIFA impose des pauses rafraîchissement, tandis que 10 stades atteignent régulièrement 35°C, considéré comme le maximum tolérable pour l'organisme humain. Par ailleurs, la saison des ouragans s'ouvre le 1er juin : orages violents et inondations soudaines pourraient perturber le calendrier du tournoi.
Au Mexique, la saison des pluies bat son plein en juin-juillet, avec des épisodes orageux pouvant provoquer des inondations urbaines rapides.
Au Canada, le risque de dôme de chaleur, phénomène responsable de centaines de morts en 2021, ne doit pas être sous-estimé.
L'entrée sur le territoire américain s'effectue désormais dans un cadre de « vérification maximale » instauré par l'administration Trump. Les agents des douanes sont habilités à fouiller téléphones et ordinateurs personnels et professionnels. Tout refus de coopération expose le voyageur à un refus d'entrée, une rétention administrative ou d'autres mesures contraignantes. Les contenus numériques perçus comme hostiles aux États-Unis, favorables à des États considérés comme adversaires, ou associés à des organisations terroristes peuvent constituer un facteur aggravant. Les passages aux frontières canado-américaine et mexicano-américaine s'annoncent particulièrement longs.