Comment soutenir la santé de ses employés durant une crise ?
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Lorsqu’une crise survient dans une région où une organisation possède des collaborateurs, la réaction immédiate des dirigeants est généralement centrée sur les enjeux de sécurité. Cette priorité est légitime. Protéger les collaborateurs et évaluer les risques opérationnels constitue la première étape de toute gestion de crise. Cependant, les événements récents au Moyen-Orient rappellent que l’impact d’une crise dépasse largement la seule dimension sécuritaire. L’incertitude, l’exposition aux informations et les inquiétudes pour des proches peuvent avoir des effets significatifs sur la santé des employés.
Dans ce contexte, soutenir la santé mentale de ses employés pendant une crise devient un élément essentiel du devoir de protection des organisations.
Dans de nombreuses entreprises, les cellules de crise sont traditionnellement structurées autour des fonctions sécurité, juridique et opérationnelle.
Pourtant, les crises géopolitiques peuvent également affecter plusieurs dimensions essentielles du fonctionnement des équipes :
Ces facteurs relèvent directement des risques psychosociaux (RPS). Lorsqu’ils ne sont pas pris en compte, ils peuvent fragiliser les équipes et impacter durablement la performance.
Dans ces situations, les organisations sont attendues sur leur capacité à apporter stabilité, clarté et soutien.
Dans cette optique, le Morgan MacDonald, Mental Health Manager, partage dans la vidéo ci-dessous des clés concrètes pour aider les dirigeants à placer le bien-être et la santé mentale de leurs employés au cœur de leur gestion de crise. Elle met en lumière le rôle essentiel d’un accompagnement organisationnel à la fois humain, structuré et rassurant, notamment dans des contextes de forte volatilité.
Les organisations attendent parfois que les équipes sur le terrain fassent remonter leurs besoins avant de déployer des dispositifs de soutien.
Dans les cellules de crise, certaines questions reviennent régulièrement :
« Que font les autres entreprises ? » ou encore : « Pour l’instant, aucune demande particulière concernant le soutien aux collaborateurs ou la santé mentale ne nous est remontée. »
Ces réactions sont compréhensibles. Les crises créent de l’incertitude et les dirigeants cherchent naturellement à calibrer leurs décisions.
Pourtant, lorsqu’une crise survient, l’absence de demande ne signifie pas nécessairement l’absence de besoin.
Dans des situations d’incertitude ou de stress intense, les personnes peuvent fonctionner en mode survie. Leur priorité devient alors de gérer l’immédiat : protéger leurs proches, comprendre la situation, maintenir leurs activités.
Dans cet état, formuler une demande de soutien auprès de son organisation n’est pas toujours une priorité.
C’est pourquoi attendre que les besoins remontent peut conduire les organisations à sous-estimer l’impact réel d’une crise sur la santé des employés.
Les organisations qui adoptent une approche proactive reconnaissent que soutenir les équipes ne consiste pas seulement à répondre aux demandes exprimées, mais aussi à anticiper les besoins qui ne sont pas toujours formulés.
Pour limiter les risques spychociaux et soutenir leurs équipes, les organisations peuvent mettre en place des actions simples mais structurées.
Une communication interne claire, régulière et rassurante peut déjà réduire une partie du stress ressenti par les collaborateurs.
Elle permet notamment de :
Dans un contexte d’incertitude, la transparence contribue à renforcer la stabilité et la confiance des salariés.
Les Employee Assistance Programs (EAP) jouent un rôle essentiel pour soutenir la santé des employés pendant une crise.
Ces dispositifs permettent aux collaborateurs et à leurs proches d’accéder, de manière confidentielle, à :
Toutefois, lorsque les personnes sont confrontées à un niveau élevé de stress, elles ne pensent pas toujours spontanément à solliciter un soutien individuel. Dans ce contexte, des outils digitaux peuvent faciliter l’accès au soutien, notamment via une application dédiée au bien-être des salariés proposant des exercices de gestion du stress, des conseils personnalisés et des indicateurs anonymisés permettant aux managers de mieux comprendre les besoins de leurs équipes.

Certaines organisations proposent également des sessions de groupe animées par des experts formés aux approches sensibles et aux traumatismes, inspirées des recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé.
Ces sessions permettent notamment :
Les thèmes abordés peuvent inclure :
Le format collectif favorise également le soutien entre pairs, un facteur important dans les périodes d’instabilité.
Dans un contexte de crise, les managers deviennent souvent la première ligne de soutien pour les équipes.
Les organisations peuvent donc les accompagner afin qu’ils puissent :
Former les managers à ces situations contribue à renforcer la stabilité des équipes et la santé des employés.
L’impact d’une crise au Moyen-Orient ne concerne pas uniquement les collaborateurs présents dans la région.
Certaines personnes peuvent :
Même loin de la zone de crise, cette exposition peut affecter :
Une réponse organisationnelle efficace doit donc prendre en compte les différents niveaux d’exposition à la crise.
Aujourd’hui, la gestion de crise ne repose plus uniquement sur les fonctions sécurité ou opérationnelles.
L’intégration de l’expertise santé dans les cellules de crise devient essentielle pour :
Car les crises ne créent pas les cultures organisationnelles. Elles les révèlent.
Les décisions prises dans ces moments influencent durablement la manière dont les collaborateurs perçoivent leur organisation et son devoir de diligence envers ses équipes.
Soutenir la santé des employés pendant une crise ne consiste pas seulement à répondre à une urgence. C’est aussi un investissement dans la stabilité, la confiance et la performance des équipes à long terme.