LIVRE BLANC : COVID-19 ET SÉCURITÉ EN AFRIQUE

La pandémie de la COVID-19 qui a frappé le monde en 2020 l'a remodelé. Elle affecte notre façon de travailler, de voyager et d'interagir avec nos pairs. 

International SOS publie le livre blanc « Covid-19 et sécurité dans le monde » et vous propose un décryptage sur les risques sécuritaires et la situation sanitaire par région. Ici nous vous proposons une analyse approfondie de la situation sécuritaire sur le continent Africain.




D'un point de vue sanitaire, l'afrique semblait initialement moins gravement touchée.

 

Au départ, le nombre de cas est resté bas, et l’hypothèse d’une sous-estimation a été invalidée par l’absence de hausse anormale de la mortalité sur le continent. Les experts évoquaient plusieurs raisons à cela, telles que la jeunesse de sa population, sa faible intégration dans les échanges mondiaux, son expérience certaine dans la gestion des épidémies, une familiarité avec l’exposition aux corona virus…

Il faut cependant rester prudent par rapport à l’Afrique : la pandémie est loin d’être contrôlée à l’échelle globale, certains pays du continent sont désormais fortement touchés tels que l’Afrique du Sud ou les pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie, Lybie et Egypte).

 

Un impact économique de la pandémie conséquent.

La crise qui en découle a frappé de manière plus aiguë le secteur informel – particulièrement sensible aux mesures de distanciation sociale. C’est vrai en particulier pour le Nigeria et l’Afrique du Sud, qui étaient déjà en prise avec des difficultés économiques et politiques profondes. Dans ces pays, la COVID-19 a aggravé divers griefs économiques et politiques et, dans certains cas, mis en évidence les limites de l'efficacité des gouvernements et des capacités des forces de sécurité.

De nombreux pays africains ont des économies peu diversifiées, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux chocs extérieurs. Peu d’entre eux ont en outre la capacité de mettre en œuvre des plans de relance solides dans un contexte de demande mondiale en berne. Il leur est également difficile de venir en aide aux segments les plus vulnérables de la population ; ils peinent ainsi à atténuer le choc économique engendré par la pandémie. Cela entraîne une augmentation des troubles dans de nombreux pays tels que des exportateurs de pétrole comme l'Angola et le Nigeria affectés par la baisse des cours. 

 

Inégalités socio-économiques exacerbées, montée des violences et opportunités pour les groupes extrémistes.

Les phénomènes de xénophobie à l’encontre des Asiatiques ou des ressortissants d’autres pays africains se multiplient. Le taux de criminalité est en augmentation dans de nombreux pays tels que le Burkina Faso, le Cameroun, la République Démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Kenya, le Mali, le Mozambique, le Nigeria, ou encore le Soudan. En outre, ces pays auront de plus en plus de mal à fournir des filets de sécurité sociale à leur population, ce qui risque de contribuer à l'augmentation des violences.

Sur ce dernier point, la crise économique et une pression accrue sur les institutions gouvernementales donnent aux groupes extrémistes une plus grande marge de manœuvre, notamment dans la bande sahélo saharienne et dans le nord du Mozambique. Au-delà de la bande sahélo saharienne, ces groupes extrémistes tenteront de développer leurs activités dans des pays côtiers, principalement en Côte d'Ivoire, au Sénégal, au Bénin et au Togo. Cela nécessitera des mesures de prévention robustes pour les personnes qui se rendent dans ces zones. 

 

Enfin, la crise a des répercussions politiques.  

 

Cécile Caplin, Responsable Sûreté France pour International SOS, commente : « La crise a également une dimension politique. De nombreuses élections devaient avoir lieu cette année, mais une grande partie d’entre elles ont été reportées. Les dirigeants des pays ayant fait ce choix restent donc au pouvoir, ce que les oppositions voient d’un mauvais œil, comme en Éthiopie. En outre, les manifestations anti-gouvernementales se multiplient. Face aux risques d’escalades, nos équipes sont mobilisées pour accompagner les organisations implantées dans la zone. »

En Angola, les protestations contre la corruption du gouvernement, le chômage et la hausse du coût de la vie ont augmenté depuis septembre. Les forces de sécurité ont eu recours à la violence pour disperser et empêcher les rassemblements, dont la plupart ont été organisés par des étudiants et la branche jeunesse du parti d'opposition Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA). En raison de la pandémie et de la chute des prix du pétrole, le gouvernement ne sera probablement pas en mesure de répondre à leurs demandes, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles manifestations.

En Afrique du Sud, les mesures strictes de bouclage prises au début de l'année ont été durement ressenties par la population, contribuant à de nombreuses tensions. En réponse aux mesures de réduction des effectifs et des salaires dans les entreprises d'État, les protestations des syndicats risquent de se poursuivre en 2021, de même que les attaques xénophobes contre les ouvriers migrants originaires d’autres pays africains, alors que la concurrence pour les emplois peu qualifiés s'intensifie.


Dans ce contexte d’incertitude et d’insécurité, International SOS accompagne les entreprises pour assurer la continuité de leur activité et la protection de leurs employés, en s’appuyant sur son expérience et ses experts reconnus.